Artemisia (les armoises) au jardin

Nom latin : Artemisia Famille : Composées (Astéracées)

Artemisia absinthium

Répandues dans l’hémisphère nord, les armoises sont des plantes annuelles ou vivaces, herbacées ou des sous arbrisseaux qui se cultivent pour leur feuillage.

Le plus souvent aromatique, le genre Artemisia a de multiples aspects : très découpé, large, fin, lobé, rigide ou très souples, parfois duveteux. Les couleurs varient du vert tendre au gris argent (presque blanc), du vert foncé au vert glauque mais le gris est la couleur la plus courante.

Leurs fleurs en capitules sont petites et peu décoratives. On les recueille pour leur propriétés médicinales.

 

Il y a quelques décennies, les armoises étaient considérées comme des mauvaises herbes ou des  » des herbes à pharmacies ». Les jardiniers anglais, séduits par la beauté de leur feuillage, les ont introduites dans leurs plate-bandes. Depuis plusieurs année, elles ont traversées la Manche et il est facile d’en dénicher dans les pépinières spécialisées.

Quelques vertus des Artemisia

Le nom Armoise est, semble-t-il, liée à la déesse grecque Artemisia, protectrice des vierges, des femmes malades et des futures mères Hippocrate, Pline, Dioscoride considéraient l’armoise comme une plante féminine. En effet dans l’Antiquité, les armoises étaient très utilisées en gynécologie pour calmer les règles douloureuses, faciliter les accouchements, empêcher les fausses couches (à haute dose, elle est abortive) et même pour neutraliser le mauvais œil des hommes !

En Chine, les acupuncteurs composent, depuis la nuit des temps, des moxas : ce sont des petits cônes de feuilles d’armoise qu’ils font brûler sur des points précis du corps pour régulariser les flux d’énergie et calmer les douleurs.

Anti-spammodiques, anti-épileptique, anti-inflammatoire, stimulant nerveux, vermifuge, fébrifuge, l’absinthe pourrait être considérer comme un remède universel si, consommée à haute dose, elle n’était toxique. Actuellement, on extrait de l’essence servant à la fabrication de nombreuses spécialités thérapeutiques. Elle rentre, par exemple, dans la composition de médicaments qui soigne la paludisme.

Autrefois, les paysans glissaient de l’armoise commune, Artemisia vulgaris, dans leurs sabots. L’absinthine et d’autres tanins de cette armoise ont des propriétés délassantes qui soulageaient leurs pieds. L’armoise séchée repousse les mites, « garde-robe » est un des noms communs de l’armoise.

En effet, les couturières cousaient des fragments d’armoise séchée dans les doublures des vêtements. On en mettait aussi dans les armoires. L’absinthe a été utilisée en décoction pour débarrasser les animaux de leurs puces et de leurs poux. Enfin, les celtes vénéraient l’armoise et l’offraient aux dieux.

Artemisia et la cuisine

L’armoise la plus utilisée en cuisine est l’estragon, Artemisia dracunculus. Que seraient nos cornichons sans estragon ? N’acheter pas de vinaigre à l’estragon, faites le !

Il vous suffit de faire macérer une ou deux branches d’estragon dans une bouteille de vinaigre. L’été, l’estragon parfumera : salades, beurre blanc, poulet ( le farcir avec cette herbe), court bouillon de poisson etc … C’est un assaisonnement précieux pour les régimes sans sel. Artemisia vulgaris sert à relever les salades, la pâte à crêpe. Les anglo-saxons l’utilisent séchée pour préparer les farces, les gibiers, l’oie rôtie etc …

Elle stimule l’assimilation des graisses mais son amertume n’est pas du goût de tout le monde. Boissons à base d’armoise. Elles ont un goût amer. Les romains, gourmands de boissons hautes en couleurs préparaient des vins parfumés de différentes armoises. Plus près de nous, à la fin du dix-neuvième et au début du vingtième siècle, la liqueur d’absinthe était une boisson très à la mode mais son abus rendait fou.

Ainsi, elle a inspiré et détruit plus d’un artiste : Verlaine, Van Gogh, Baudelaire, Toulouse Lautrec, La goulue, les danseurs et danseuses du Moulin Rouge. Cette boissons est liée aux nuits folles du Paris de cette époque. Interdite depuis 1915, elle serait, à nouveau, commercialisée sans la molécule responsable des effets néfastes sur le système nerveux.

Liqueur de génépi : Elle est confectionnée suivant la « règle des 30 » : 30 rameaux d’Artemisia mutellina ou d’espèces voisines, 30 morceaux de sucre qui macèrent 30 jours dans un litre d’alcool à 45 degrés. Très répandues dans le commerce, « les liqueurs de Génépi des Alpes » sont rarement fabriquées à base de génépi !!!

Culture des armoises

Sol et exposition : Plantes de soleil, l’armoise se contente d’un sol relativement pauvre, léger, drainé et sec, plutôt calcaire. Certaines armoises s’adaptent à un sol humide et argileux. Des conditions de culture extrêmes accentuent leur couleur argentée et favorisent un port compact. A la plantation, mettre un peu de gravier au fond du trou.

Cependant, des espèces comme Artemisia absinthium, Artemisia vulgaris et leurs hybrides sont capables de s’adapter à un sol compact et à une ombre légère. Artemisia lactiflora ne pousse qu’en terrain humide et un peu ombragé. La durée des armoises arborescentes est de 4-5 ans

Multiplication des armoises

– diviser les touffes au printemps en mars-avril pour les herbacées. – bouturer, dès juin, dans un mélange sableux, les extrémités de tiges non fleuries ou pour les ligneuses, faires des « boutures à talon ». Mettre les boutures à l’ombre. – Faire semis au printemps

Ennemis et maladies

  • En été, des pucerons noirs se développent surtout sur les armoises arborescentes : Artemisia absinthium, Artemisia ‘Powis Castle’,
  • par temps sec, l’oïdium apparait sur Artemisia lactiflora, Artemisia pontica et Artemisia ‘Powis Castle‘ … mais son développement n’est pas important.

Artemisia et Associations végétales

Le feuillage argenté des armoises sert d’écrin aux fleurs de couleurs vives, pastel ou sombres. Placées en bordure, leurs feuillages argentés mettent en valeur les floraisons crème, rose, rouge ou pourpre ou les feuillages glauques ou pourpre.

Exemple : Artemisia ‘Valerie Finnis’ en association avec Sedum , Diascia, Knautia, Achillea, avec des graminées comme Agropyron magellanicum, Festuca glauca, Panicum ‘Heavy Metal’. Au pied des rosiers : toutes les armoises seront du meilleur effet.

En pot : Artemisia arborescens, Artemisia pontica, Artemisia stelleriana ‘Mori ‘s’

Artemisia ludoviciana ‘Valerie Finnis’ Feuilles entières lancéolées et étroites. Hauteur : 80 cm. Culture en terre ordinaire. Soleil. (Award Garden Merit). Un très bel argent ! Armoise à associer au feuillage pourpre comme Sedum x Matrona. Charmant avec Eryngium, Diascia …Racée avec campanules et Anthemis ‘Susanna Mitchel’ .Couper sévèrement après floraison dans le milieu de l’été pour provoquer l’apparition d’un nouveau feuillage.

Artemisia 'Valerie Finnis'

Artemisia ‘Valerie Finnis’

Artemisia abrotanum Port érigé à feuilles finement découpées, gris vert. Parfum Térébenthine. Utilisation pour donner de la verticalité aux massifs. Hauteur : un mètre. Culture dans une terre ordinaire même pauvre et sèche. Award Garden Merit.

Artemisia abrotanum

Artemisia abrotanum

Artemisia pontica Une rebelle à cultiver en pot. Feuillage gris vert très finement découpé. Port érigé. Elle peut être envahissante quand le sol lui convient. Le mieux est de lui réserver une potée avec Diascia ‘Twinckle’ et Agropyron magellanicum par exemple. Sinon, pour les téméraires, sachez qu’un sol ordinaire lui convient. Soleil ou ombre légère. Hauteur : 30 cm

Artemisia pontica

Artemisia pontica

Nous vous invitons à consulter notre collection d’Artemisia disponibles au catalogue

Avec l’aimable autorisation de Mme Even de Arrosoirs et Sécateurs

Share